Depuis la loi du 15 avril 1999 et la création de l’article L 2212-5 du Code Général des Collectivités Territoriales, nombreux sont les policiers municipaux qui appliquent au quotidien les nouvelles compétences définis par les textes.
Aujourd’hui la moitié des accidents de la route se produit en agglomération et la police municipale lutte contre cette forme d’insécurité
Le code de procédure pénale dans les articles 529-1 et 529-8 (voir annexe 1) prévoit le montant des amendes forfaitaires et forfaitaires minorées.
L’article L 121-4 du code de la route (Annexe 2 ) prévoit la consignation dans le cas ou le contrevenant ne peut justifier d’un domicile ou d’un emploi sur le territoire français ou d’une caution garantissant le paiement éventuel des condamnations (l’arrêté du 15 mai 1990 prévoit les modalités devant être mises en œuvre ainsi que les documents à délivrer annexe 3).
La création de Régies d’Etat
La création de régies d’Etat pour les polices municipales est effective depuis les instructions du Ministre de l’Intérieur s’adressant aux préfets dans la circulaire nor/int/0200121/c du 3 mai 2002. (Annexe 5.) Ce qui par ailleurs n'est pas conforme à la loi *
Depuis la parution du récent décret 2002/801 du 3 mai 2002, (annexe 4) venant préciser dans son chapitre II les nouvelles dispositions relatives aux amendes forfaitaires et listant d’une manière exhaustive leur champ d’application en précisant les codes et articles pour lesquels l’amende forfaitaire et forfaitaire minorée sont applicables (création du R 48-1 du CPP et R 49-8-5 du CPP) le policier voit sa tâche simplifiée dans l’identification des infractions relevables par timbre amende.
Le deuxième avantage de ce texte est qu’en abrogeant
l’article 529-6 du code de procédure pénale, il
permet aujourd’hui de relever par timbre amende
autant d’infractions que nécessaire même si l’une
d’entre elles ne peut donner lieu au paiement par AF
mais nécessite la rédaction d’un « PV ordinaire » ou
d’un cas « A » (selon les instructions du parquet
qui accepte ou non l’utilisation du carnet rose de
l’AF comme support à une verbalisation simplifiée).
Ses modalités de création
Le maire demande la création d’une régie d’Etat au Préfet. Après concertation, ce dernier crée par arrêté la régie après avis du trésorier payeur général. Un régisseur est alors installé. En tant qu’ordonnateur des dépenses, il peut effectuer des contrôles sur le fonctionnement.
Le trésorier payeur général (TPG) en tant que
comptable donne son avis sur la création des régies.
Il détermine auprès de quelle trésorerie les fonds
doivent être versés ainsi que la périodicité des
versements. Il pourra faire effectuer des contrôles
comptables en délégant un membre de la trésorerie
sur site. Les contrôleurs peuvent accéder aux
fichiers, faire tout rapprochement utile entre
comptabilité matière et deniers (vérifier par
exemple le nombre de carnets à souche AF commandés,
ceux utilisés et le montant des amendes encaissées),
les opérations enregistrées par le régisseur et
celles des écritures du Trésorier Payeur Général.
Son organisation
Le texte du 3 mai 2002 prévoit la nomination par arrêté préfectoral du fonctionnaire territorial chef de la police municipale et la nomination d’un autre fonctionnaire du service en tant que suppléant (le reste des policiers étant désignés comme mandataires).
En cas de difficultés dans la désignation et la mise
en place du régisseur ou en cas de refus par
l’intéressé le Ministre de l’Intérieur dans la
circulaire du 15 mai 2002 fait référence au décret
92-680 du 20 juillet 1992 et précise qu’en
cas de
difficulté un régisseur n’étant pas nécessairement
le chef de la police municipale peut être nommé.
Quant au suppléant, il remplace le régisseur en cas
d’absence ou d’empêchement. Le régisseur garde
toutefois l’entière responsabilité sur les actes
établis par le suppléant.
Ce dernier est nommé par arrêté et a compétence pour
effectuer toute opération relative à la régie.
Les agents autorisés à utiliser les carnets à
souches de verbalisation et d’encaissement immédiat
sont les mandataires du régisseur titulaire.
Le régisseur est assisté du régisseur suppléant pour
la gestion des opérations. La régie doit être
installée dans un local sécurité, les fonds et
valeurs dans un coffre-fort spécialement affecté à
la régie.
Un coffre-fort
dans un local sécurisé
Ce coffre peut être accessible au suppléant et
mandataires désignés par autorisation du régisseur
(le rythme des vacations de service doit permettre à
tout moment de pouvoir déposer au coffre les valeurs
perçues sur le terrain par les mandataires.)
Ce qui implique aussi l’approvisionnement des
mandataires en carnets d’amendes forfaitaires et en
carnets d’encaissement immédiat. Les carnets de
verbalisation sont achetés par la commune auprès
d’un imprimeur. Identifiés, ils auront une
numérotation particulière
(le numéro commence par le code
commune) pour les distinguer des
autres services.
Dès janvier 2003 les cinq premiers chiffres
figurants au bas des trois volets du TA seront le
code Insee de la commune.
Un double du bon de commande des carnets sera
conservé par la régie en pièce justificative. Le bon
de commande porte le nombre de carnets par couleurs,
le numéros de série et la date de livraison et
précise les adresses de livraison, si elle est
différente de celle figurant sur les cartes de
paiement.
Attribution des carnets et gestion des stocks
A la livraison, les envois sont vérifiés, et
enregistrés en comptabilité matière des carnets,
puis déposés dans le lieu sécurisé.
Les carnets sont nominativement attribués et les
numéros conservés en régie.
L’agent conserve le carnet jusqu’à épuisement des
souches.
Le 3ème volet utilisé est remis chaque fin de
service au régisseur ou mandataire désigné
En cas d’erreur, les contraventions non utilisées ou
annulées doivent être retournées, agrafées et
archivées avec un compte rendu explicatif succinct.
L’argent liquide est exclu
En cas de paiement immédiat entre les mains de
l’agent (amende forfaitaire ou consignation) il y a
délivrance immédiate d’une quittance.
Le paiement peut être fait par chèque ou numéraire
et les montants encaissés sont remis en fin de
service.
Quant aux cartes lettres acquittées par l’apposition
d’un timbre amende, elles reviennent au régisseur
qui les conserve en archive au minimum 3 ans. Elles
peuvent également être réglées par chèque ce qui
nécessite une remise à la trésorerie désignée.
Si le contrevenant se présente pour régler auprès du
régisseur, ce dernier ne peut accepter qu’un chèque
ou timbre amende, le liquide étant exclu. Un cachet
est apposé au dos des chèques par le service
verbalisateur.
Bordereau des versements des chèques au Trésor
Un bordereau de versement est normalement établi par
le régisseur chaque jour, une dérogation peut être
accordée mais rarement au delà de deux versements
par semaine. Ce bordereau est conçu sans
intercalaire, portant un numéro d’ordre suivi dans
une série annuelle propre à chaque service et signé
par le régisseur ou régisseur adjoint (si délégation
de signature) lors de son établissement. Il est
envoyé au comptable du trésor en deux exemplaires.
Le document porte pour chaque chèque :
-
le numéro de l’amende forfaitaire ou de la
consignation
-
le nom du tireur, le montant du chèque.
Dès réception des bordereaux et des chèques, le
comptable du trésor signe les deux exemplaires et
renvoie un exemplaire au régisseur qui doit le
conserver, l’autre étant archivé par le comptable.
En cas de rejet de chèque, le régisseur envoie un
bordereau de rejet en double exemplaire pour que la
vérification soit faite quant à l’exactitude des
renseignements portés (nom du tireur et montant).
Après vérification, le régisseur renvoie un
exemplaire du document signé et archive l’autre.
NB : Le régisseur n’entre pas dans sa comptabilité
les rejets de chèques. Par contre, il prend acte de
ce non paiement et il est de sa responsabilité de
lancer la procédure de l’amende forfaitaire majorée
conformément aux articles 529-2 et 529-5 ainsi que
les R 49-3 à R 49-8 du code de procédure pénale.
Entre comptabilité deniers et matière
La comptabilité deniers. Le régisseur tient un livre
journal qui permet d’enregistrer toutes les
opérations comptables de la régie et il remet chaque
fin de mois une balance au comptable
du trésor. Cette balance prend en compte et fait
apparaître les encaissements en liquide et chèques
ainsi que les reversements au trésor et le solde
éventuel.
La comptabilité matière : Le régisseur doit tenir un
registre sur lequel figure :
- les entrées de carnets en régie
- les sorties provisoires en direction des
mandataires (carnets remis)
- les sorties définitives (carnets utilisés par les
agents mandataires)
Recensement des contraventions
La direction générale des collectivités locales
reçoit des préfets, un recensement annuel des
contraventions émises par les divers services de
police. Ce recensement permet le calcul de la
répartition du produit des amendes entre les
diverses collectivités bénéficiaires. Les amendes
forfaitaires dressées par le policiers municipaux
entrent dans ce dispositif.
Le logiciel de gestion WIN.A.F.
Interface aujourd’hui compatible avec
le logiciel de gestion des secrétariats des
officiers du ministère public (GAIA.O.M.P.) Le
ministère de l’intérieur met gratuitement à
disposition des communes cet outil de gestion qui
permet :
- la gestion des carnets de verbalisation
- l’enregistrement des paiements
- la transmission des impayés
- la gestion des retraits de points
- l’établissement d’un bordereau de chèque pour la
trésorerie
- la mise à jour régulière de la table « natinf »
D'autres
logiciels effectuant le même service de gestion sont
commercialisés incluant même la lecture optique des
souches et des chèques ( Sté LOGITUD par exemple)
La rigueur évite les problèmes
La prise de responsabilités nouvelles des polices
municipales en matière de pouvoir de verbalisation
et de gestion des amendes doit obligatoirement
s’accompagner d’une rigueur extrême. Cette rigueur
doit être présente à tous les niveaux dans la mise
en œuvre des procédures rigoureuses qui sont exigées
par les textes et qui peuvent entraîner des
vérifications de la part des préfets et des
comptables du trésor.
Les exigences formulées par les régisseurs (remise
des souches à chaque fin de service et compte rendu
succinct lors de mauvaises utilisations en
particulier…)ne sont qu’à la hauteur de leur
responsabilité.